Paru dans le RL : Coronavirus Handicap : gérer le confinement, réussir le déconfinement

Voici un article paru dans le Républicain Lorrain

Lorraine | Coronavirus Handicap : gérer le confinement, réussir le déconfinement

Confinement oblige, nombre d’enfants et d’ados porteurs de handicap ou encore autistes ne peuvent plus être accueillis au sein de structures spécialisées et sont actuellement confinés au domicile de leurs parents. Une situation parfois délicate à gérer.
Par H. B. – 30 avr. 2020 à 07:00 – Temps de lecture : 3 min

« Le confinement, ce n’est facile pour personne ! », souligne Lucie François, éducatrice au sein de l’ Association familiale pour l’aide aux enfants déficients de l’agglomération messine (Afaedam) qui intervient depuis le début du confinement au domicile des parents d’un résident habituel de l’une des structures de l’association, un adolescent autiste. Une situation qui peut se révéler d’autant plus complexe ou lourde à gérer pour les parents d’enfants handicapés car ces derniers accueillent dans certains cas leur enfant à domicile en permanence depuis le 17 mars dernier. « Pour les résidents que nous hébergeons habituellement à 100 %, en tant qu’interne, nous avons expliqué aux parents en tout début de confinement que s’ils souhaitaient que leur enfant soit confiné à leur domicile, il n’y aurait pas de possibilité de retour vers la structure d’accueil avant la levée des mesures… », détaille Gilles Muller, directeur général adjoint de l’APEI Moselle. De même et à l’instar des autres structures du même type, les résidents en accueil de jour ont également été invités à demeurer chez eux, le temps du confinement. Dans l’immense majorité des cas, les choses se passent pour le mieux , mais c’est souvent assez lourd à gérer.

Équipes mobiles

Ainsi, explique encore Lucie François, « dans la famille au sein de laquelle j’interviens, je propose surtout des promenades. Le papa nous accompagne et cela permet à la maman qui travaille de nuit de prendre un peu de repos, d’avoir une respiration ». Un temps de pause indispensable pour tenir le coup dans la durée lorsque, malgré l’expérience de parents, on n’est pas un professionnel formé à l’encadrement de personnes en situation de handicap.

Au sein de l’APEI Moselle, des équipes mobiles pour assurer les interventions dans les familles ont été formées dès le début de la crise en plus de la mise en place d’un numéro vert. « Nous proposons également une plateforme sur laquelle se trouvent des supports éducatifs afin de pouvoir travailler avec les enfants. Nous proposons également des groupes Facebook fermés afin que les enfants puissent échanger entre eux comme ils ont l’habitude de le faire. Enfin, certains soins, comme une consultation d’orthophonie, sont accessibles à distance… », détaille encore Gilles Muller. L’occasion pour l’association de se réinventer et d’adapter ses pratiques en faisant face à ces nouveaux besoins.

Réussir le déconfinement à venir

Une boîte à outils qui contribue à parvenir « à fixer deux à trois rendez-vous quotidiens. C’est très important », ainsi que l’explique Kévin Jougleux, éducateur-coordinateur au sein du foyer d’accueil spécialisé Le Patio à Metz (Afaedam).

Car de ce maintien du rythme d’activité, du contact entre résidents mais aussi avec les éducateurs qui les encadrent habituellement dépend à la fois le bon déroulement de la période de confinement et la réussite du déconfinement à venir : « Au moment où il faudra revenir au sein de la structure, institut médico-éducatif ou foyer d’accueil spécialisé, ce maintien du lien sera très important », conclut Lucie François.